Beauté, humeur, etc. J'assume. Depuis 2009.

Comment on fait les bébés…? Notre parcours (du combattant)

 Hier soir, mon loulou m’a posé la question suivante « est-ce que tu vas en parler sur ton blog ? »

 Je ne sais pas, que je lui ai répondu.

 Et il m’a dit « tu devrais. C’est un exutoire aussi. »

 Alors aujourd’hui, pas de paillettes, pas de photos, pas de youpi tralala. Juste des mots.

 

 Pour certains, vous êtes déjà au courant, pour d’autres, le constat est là : Nous ne savons pas faire les bébés.

 Nous connaissons le mode d’emploi et nous nous sommes attelés à la tâche il y a grosso modo 5 ans, avec comme devise le célèbre « ça viendra, quand ça viendra ».

 

 Mais ça ne vient pas.

 Cela n’est jamais devenu une obsession. Ce qui ne veut pas dire que nous le souhaitons ardemment. Et ce qui ne veut pas dire non plus que le fait de voir mes règles débarquer ne me faisait pas chier. Mais nous ne nous sommes jamais senti « pressés » ou obnubilés par ça. Il faut dire aussi que ces 5 années ont vu passer beaucoup de décès, et je crois que à force de perdre les êtres chers à nos cœurs, nous nous sommes concentrés sur ce que nous avions, et pas sur ce que nous n’avions pas. Sinon, on devenait dingues.

 Bref, le fait de consulter un médecin pour notre infertilité s’est inscrit dans la continuité de ces années, et non pas dans l’urgence. C’était naturel. Vous allez me dire « forcément au bout de 5 ans ! », et certains se demandent aussi pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt.

 Il n’y a pas de réponse idéale à cette question. Parce que nous avons été très occupés. Parce que nous avons pris le temps de construire d’autres choses. Peut-être aussi parce quelque part, nous avons aussi voulu garder l’espoir de ce « plus » spontané, comme dans les films.

 Nous avons construit notre couple, notre histoire, à deux. Nous avons traversé aussi des épreuves, à deux. Certes, un enfant y aurait aussi eu sa place. Mais peut-être n’aurions nous pas eu, nous, cette complicité, cette solidité… Ou peut-être pas qui sait. Mais j’ai l’habitude de ne rien regretter du passé. Il a fait de moi celle que je suis aujourd’hui, et celle que je suis aujourd’hui me convient tout à fait.

 

 Nous avons donc pris le chemin d’une première gynécologue, qui ne nous a pas plu. Notre déménagement nous a donné une excellent excuse pour tout reprendre à zéro, et nous avons repris le parcours en Octobre 2012. Nous savions déjà que nous nous engagions vers la Procréation Médicalement Assistée. Faut pas rêver, au bout de 5 ans, c’était une évidence. Mais nous avons pu savoir pourquoi. C’est important, parce que non, il ne suffit pas de s’aimer pour avoir des enfants.

 Notre problème est une combinaison de problèmes. Ce qui fait que lui + moi, c’est à peu près autant de chance d’avoir un enfant naturel que de gagner au loto.

 Par « chance », nous passons directement par la case FIV ICSI. Une méthode qui consiste à prélever gamètes mâles et femelle et à injecter le spermatozoïde directement dans l’ovule. Dans une FIV classique, on prélève et on met en contact, les bestioles se démerdent. Dans une ICSI, on leur laisse pas le choix, c’est « toi, tu vas là. Point. Et d’ailleurs c’est moi qui t’y colle. »

 Nous n’aurons donc pas à endurer les échecs de ceux qui passent par les IAC (Insémination Artificielle Intra-couple) et qui se retrouvent en FIV.

 

 Pour le moment, nous sommes en train de terminer la batterie de tests imposés. Sérologies, etc. Toxoplasmose, Rubéole mais aussi toute la ribambelle d’IST possibles et imaginables.

 Inutile de vous dire que j’ai personnellement dit adieu à ma pudeur et que le reste de dignité que je tente de conserver consiste à trouver une paire de chaussettes non trouées et assortie le matin. Pour le reste, une fois qu’on vous a injecté du liquide de contraste dans les trompes et qu’on vous a calé une caméra en forme de godemiché dans le dedans de vous même pendant les ragnagnas, c’est bon, ça y est, c’est open bar, on a plus peur de rien croyez moi ^^. Et du spéculum, nous seulement j’ai pas fini d’en bouffer, mais il me faudra aussi endurer piquouses et ovules vaginaux de tout poil pendant les hyper stimulations.

 C’est drôle, parce que je me souviens avoir voulu des enfants très tôt. Mais sincèrement, je ne suis pas certaines que j’aurai pu assumer tout ça à 25 ans. Là, c’est juste le moment. C’est comme ça. Je suis très admirative des jeunes couples qui se lancent dans cette aventure d’ailleurs. 25 ans pour moi c’était le moment des rêves, vraiment, j’aurai pas pu…

 

 Aujourd’hui, il nous reste les tests masculins : début Avril. Notre entretien obligatoire avec une psychologue. L’anesthésiste pour la ponction des ovocytes. Et enfin le rendez-vous avec la biologiste et la synthèse avec la gynéco. Le 29 Avril. On y choisira le début du protocole de stimulation, le nombres d’embryons à transplanter, la congélation des embryons surnuméraires s’il y a lieu. On y achèvera la constitution du dossier. On y lâchera 100 euros de frais d’ailleurs. 

 Nous sommes suivi dans le privé. Le dépassement des honoraires n’y est pas trop abusé (ou peut-être que mon seuil de tolérance à augmenté avec le contexte ^^), mais je suis pour l’instant obligée d’avancer les frais puisque suite à ma sortie du dispositif auto-entrepreneur, j’attends que le RSI veuille bien passer la main à la CPAM. Je vais sans doute être dans l’obligation d’aller leur secouer les puces d’ailleurs…

 Du coup il y a parfois des moments surréalistes, genre une heure de salle d’attente, 5 minutes d’examens, et pouf, 60 euros. Ok.

 La PMA c’est aussi le seul endroit où tu n’entends personne dire « je vais voir si je suis disponible » quand tu prends un rendez-vous. Non, c’est tel jour, telle heure. Si tu bosses, on s’en tamponne le coquillard, parce que de toutes façons on t’a prévenu : faut être dispo, y’a pas de « euuuuh ».

 Étant donné que le centre est à 70 bornes de notre domicile, heureusement que le boulot de l’homme est arrangeant, et le mien euh… inexistant.

 Au bout du parcours, c’est 30% de chance de réussite à chaque tentative.

 Et 47 % de chance, au bout d’un an de suivi en clinique, d’avoir un bébé.

 

 Nous connaissons déjà son prénom.

 Mais pour le connaître, lui ou elle, c’est entre les mains de la science.

 

 Peut-être que nous ferons partie des 53% restants. Peut-être.

 Nous avons choisi de coupler ce parcours médical ou parcours administratif de l’adoption dont nous entamerons les démarches une fois mariés.

 Et si rien ne marche et bien, on sera tous les deux jusqu’au bout. Et être deux c’est déjà une chance !

 

 Nous n’avons jamais souhaité qu’on nous plaigne. Il y a des couples qui connaissent bien pire. Il n’y a pas de soucis qui nécessite de la chirurgie par exemple, je n’ai jamais fait de fausse couche, et nous n’avons pas besoin de passer par un donneur. Donc, je me considère comme ayant, quelque part, de la chance. Cela ne provoque pas non plus de problème entre nous deux, nous sommes impliqués autant l’un que l’autre, il m’accompagne aux examens, et vice versa. Nous abordons cette étape de notre vie sereinement, même si cela impose de jongler parfois avec des sentiments contradictoires : ici, c’est tout, ou rien. Pas de nuance, pas de gris entre le blanc et le noir… Il faut tout de même être conscient de l’immense chance que nous avons d’avoir cette possibilité de nous faire aider. Finalement… 47% de chance, au lieu de 0… c’est énorme !

 

 Par contre, vous pouvez croiser les doigts pour nous 😉

 

 La prochaine fois, je reviendrai causer de futilités 😉

 Des bisous !

 

 

 

 



17 thoughts on “Comment on fait les bébés…? Notre parcours (du combattant)”

  • Je vous souhaite bcp de courage, car comme tu le dis, le parcours est long… et vraiment pas “drôle”. Mais je vois que l’AMOUR est là, entre vous. Et l’amour fait soulever des montagnes, et créé des miracles.
    Je te souhaite très fort, d’ici qq temps, de nous annoncer une bonne nouvelle 🙂

  • Quel parcours du combattant ! Tu sais raconter tout ça avec pudeur, recul, maturité, alors que je suis sûre qu’à l’intérieur, ça doit commencer à peser énormément. Je vous souhaite de tout coeur que votre rêve se réalise très vite

  • Il n’y a pas de raison pour que vous ne connaissiez pas ce grand bonheur et pour cela je croise avec grand plaisir les doigts pour vous deux 😉 gros bisous

  • je suis passée par la fausse couche, la stimulation…
    rien à comparé au protocole FIV bien sûr, mais quand même.
    Je sais que ça peut être lourd.
    J’admire ta manière de raisonner, je n’en aurais pas été capable.
    Quoiqu’il en soit, peu importe la manière, je vous souhaite un merveilleux bébé.

  • Tu es tellement courageuse … Je ne sais pas si tu es aussi sereine que ton ton le laisse paraître à l’écrit mais tu es très forte. Si l’amour faisait tout ce serait magique … Je vous souhaite tout le bonheur du monde, à deux ou trois peu importe, l’amour sera là.
    Tout mon soutien dans les épreuves pas très drôles qui vous attendent. Et je croise les doigts (pas pratique pour taper à l’ordi d’ailleurs 😉 )
    Bisous
    Emmy
    http://emmyaime.wordpress.com

  • Beau témoignage…
    Je croise tous les doigts possibles pour qu’un petit bébé pointe le bout de son nez bientôt.

  • bonsoir, je vous apporte mon témoignage mon fils ainé et sa compagne étaient dans le même cas .ils ont eu la fiv complète assez rapidement le résultat est deux enfants (jumeaux fille et garçon )et 2 ans aprés la cerise sur le gateau une petite fille est venue naturellement les jumeaux ont 12 ans et la soeur 10 ans ET TOUT VA BIEN ALORS COURAGE ET MES MEILLEURS VOEUS DE REUSSITE

  • Bon courage pour ce parcours. Je croise les doigts pour vous. L’amour est plus fort que tout.
    Je n’ai pas encore d’enfant (j’ai l’age des rêves comme tu le dis si bien) mais je sais que si il devait y avoir un soucis de conception, je pourrais compter sur mon compagnon. Et ça, ça fait tout.

  • Je vous souhaite sincèrement de réaliser votre rêve, et de surmonter cette épreuve ensemble.
    Profitez des bons moments, avec ou sans bébé, c’est important!

  • Je vous souhaite tellement d’y arriver. Vous savez peut être pas faire les bébés comme tout le monde, mais qui voudrait vraiment que son bébé soit “comme tout le monde”. Le vôtre sera unique, tellement ardemment désiré qu’il ne pourra qu’être heureux, un couple lambda aurait certainement baissé les bras au bout de cinq ans, une preuve que l’amour est plus fort que tout. Moi à 26 ans je rêve déjà du prince, pour le bébé c’est même pas le temps d’en rêver…

    Je te souhaite donc un joli oeuf de pâques dans ton ventre bientôt !

  • @toutes : merci beaucoup pour vos petits mots et vos bonnes ondes qui nous touchent beaucoup ! Nous gardons espoir bien sûr, et j’espère un jour vous annoncer une bonne nouvelle !

  • Je passe souvent ici mais ne commente jamais… Là je veux vous dire à tous les deux que je croise les doigts pour vous bien fort ! Mes parents ont été dans la même situation (il y a 30 ans et qq) et j’ai un grand frère et un jumeau… Y croire ne fait pas tout mais joue sans aucun doute !
    Bises

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