Mon Côté Greluche

Blog beauté etc. J'assume depuis 2009.

Sur l’onde calme et noire…

 

… où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

a england ophelia 6

 

 Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir

a england ophelia 3

 

 

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

a england ophelia 5

 

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d’or

a england ophelia

 

II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

a england ophelia 4

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d’étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

a england ophelia 2

C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l’Infini terrible effara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

 Ophélie – Arthur Rimbaud

 Lorsqu’il a fallu choisir mon tout premier A England, j’ai choisi Ophelia, parce qu’il a de suite évoqué en moi ce poème de Rimbaud.

 Et lorsque je le vois, je me dis que c’est une représentation parfaite de cet univers : à la fois sombre, tragique, romantique et beau.

 Bref, je suis tellement amoureuse de ce poème que je ne peux être objective à propos de ce vernis. Surtout que malgré moi, je l’ai gardé quelques petites heures seulement : je l’ai malheureusement accroché peu de temps après la pose. Du coup, la tenue, toussa, ben on verra une autre fois ;-)

 A très vite !

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2 Responses

  1. Sandrine “La Caverne d'Ayanah” Ayanah says

    aaah Rimbaud ! Je me suis régalée à relire ce poème, je trouve ça top d’avoir pu illustrer cette merveille de vernis sur une aussi belle œuvre, et c’est vraie qu’on ne pouvait pas trouver mieux pour en parler ! Gros bisous ma belle !

  2. LadyMilonguera@Futile parenthèse says

    Oh la la… il est juste sublime !