Beauté, humeur, etc. J'assume. Depuis 2009.

PPDP (9) : cette femme qui ne voulait pas d’enfant…

 

A quelques jours de notre retour en course, j’ai bien des occasions de tester mon aigrie-attitude de looseuse de PMA.

Auprès des femmes enceintes, bah oui, bien sûr. J’ai pas besoin de m’étendre là-dessus.

Et curieusement, de plus en plus auprès de ces femmes qui clament haut et fort que non, elles ne veulent pas d’enfant.

C’est la nouvelle revendication en vogue. Vous savez, carcan de la société, réaction de l’entourage toussa… la femme veut avoir la possibilité de ne pas avoir d’enfant. Pas tout court non, juste, elle veut, mais sans qu’on la regarde de travers, sans qu’on la juge, sans qu’on ne lui mette la pression, etc etc.

 

Et c’est tout à fait louable, de revendiquer ces choix de vie. De les assumer. De les vivre au quotidien.

Evidemment, qu’on a le droit de ne pas avoir d’enfant. Evidemment qu’on le peut. Les doigts dans le nez en plus. On ne devrait même pas avoir à se justifier en fait.

Mais il y a peu, l’une d’entre elles m’a fait bondir.

Suite à un témoignage d’une femme qui ne voulait donc pas d’enfant et qui expliquait à quel point c’était dur (ahem), une autre disait que pour qu’on la laisse tranquille elle racontait qu’elle ne pouvait pas en avoir.

Prends ça dans ta gueule, toi, la vraie infertile, toi qui te bagarre au quotidien, toi qui souffre, toi qui espère. Maintenant on peut affirmer sans aucune sorte de gène ni de honte, qu’on est comme toi, juste pour esquiver question, débat, où que sais-je.

J’étais en colère. En colère qu’un choix de vie délibéré, une voie tellement facile à suivre, d’une évidence absolue, puisse amener à se faire passer pour quelqu’un d’autre. Un quelqu’un d’autre qui n’a pas choisi. Un quelqu’un d’autre qui ne veut pas d’une vie sans enfant. Et ce quelqu’un d’autre sert de joker… pourquoi ?

A l’heure où on revendique tous et toutes notre liberté, d’être, de paraître, de penser… en quoi est-ce difficile de ne pas vouloir d’enfant. Que peut donc bien vous faire subir la société de si horrible pour arriver à sortir de telles excuses ?

J’avais honte pour cette femme, et je me suis sentie blessée… et pourtant je n’ai rien dit, j’ai ravalé ma fierté, comme nous oublions notre pudeur, nous, les infertiles.

Celles qui ne choisissent pas.

Celles qui ne pourront jamais choisir.

Vouloir, ne pas vouloir… Soyez donc heureuses de pouvoir avant tout. De ne pas avoir. D’avoir.

Je suis certaine que cette femme n’aura jamais à l’idée de se faire passer pour une handicapée pour grappiller quelques places dans une file d’attente. Alors pourquoi s’inventer une stérilité, comme si c’était plus facile à vivre que son choix de vie… pour moi c’est pareil.

Quand au fait d’éviter les questions, je dirai en conclusion que cette personne n’a jamais lu 1001 choses à ne pas dire aux infertiles.

 

Mais sinon, ça va… Prochaine piquouse le 9 Septembre.

 

 

 

 



2 thoughts on “PPDP (9) : cette femme qui ne voulait pas d’enfant…”

  • J’avoue… Je ne voulais pas d’enfants pendant des années et je n’ai jamais pensé à sortir une excuse pareille ! Comme tu le dis, ce serai comme jouer à l’handicapé dans la file d’attente, pas glop…

    Non, je prenais tout simplement mes couilles à deux mains et quand on me demandait pourquoi je répondais : pour faire parler les cons ! 🙂

    Courage à toi !!

    • Et tu avais raison ! De toutes façons, on a pas à discuter un choix qui ne nous regarde en rien. Mais ne pas l’assumer et raconter des conneries, c’est faire le jeu de cette « pression sociale » dont on peut parfois se plaindre.
      J’ai 33 ans et je n’ai jamais ressenti personnellement ce genre de chose. Quand on a pu me demander « et vous c’est pour quand ? », pour moi c’est pas de la pression, c’est juste de la curiosité. Parce que les gens sont comme ça c’est tout…

      Merci 😉

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