Beauté, humeur, etc. J'assume. Depuis 2009.

Movember : ce que le cancer a changé pour nous.

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Movember est aux hommes ce qu’Octobre Rose est aux femmes. Ou presque. Parce que parler de cancer de prostate ou de testicule reste plus « gênant » dans la tête des gens que de sensibiliser sur le cancer du sein.

Une visite de routine chez le gynéco, une mammographie, c’est presque banal pour une femme. Enjoindre les hommes à se faire checker les testicules régulièrement, ça coince.

Seulement voilà, ça n’arrive pas qu’aux autres… Aujourd’hui je choisis pour Movember, non pas de me faire pousser la moustache, mais de vous raconter ce que le cancer a changé dans nos vies… ça n’est pas forcément évident, cela pourra être vu aussi comme impudique, mais c’est notre façon à nous de participer à ce mois de mobilisation (car j’ai consulté le principal intéressé afin de solliciter son accord pour en parler, cela va de soit)

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Il y a maintenant bientôt deux ans, quand nous avons entamé notre parcours de PMA, mon mari a été amené, en raison des résultats de son spermogramme, à faire une échographie des testicules. Et oui ça se fait…

Son résultat laissait apparaître un nodule suspect et il a été dirigé en urgence vers un urologue qui lui a été plutôt rassurant et qui penchait pour quelque chose de bénin. L’homme a donc subit une première opération pour retirer ce nodule. Et le résultat de l’examen de la chose n’a plus laissé de doute possible : cancer.

A ce moment là, c’est un peu le tourbillon dans ta tête. Parce que forcément,  le premier mot à associer au mot cancer c’est mort. Même si le cancer du testicule est un de ceux qui se soignent le mieux, quand même, tu y penses, forcément. Et tu vas y penser longtemps car s’en suit une batterie d’examen qui vont déterminer s’il y a des ramifications et/ou des métastases.

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Et puis il y a l’opération. Celle avec un grand O. L’ablation.

Mon homme c’est genre le plus courageux et le plus fort, si si. Il en a parlé sans tabou, a sollicité l’avis de ses amis, a réfléchi à l’option de la prothèse que les chirurgiens proposent systématiquement.

A à un mois de notre mariage, tout juste un mois après la première opération, il s’est refait opéré.

La convalescence est longue et douloureuse. Il était dans les vaps, abruti de calmants, et il avoue aujourd’hui aisément qu’il se souvient difficilement de cette période là. Ce qui lui faisait peur c’est d’avoir encore mal pour notre mariage.

Il a vu l’oncologue également… les couloirs de ce secteur de l’hôpital mettent une sacré baffe… la salle d’attente aussi…

Il a choisi de subir une chimio « flash » : une seule séance de chimiothérapie sensée tout nettoyer « au cas où ».

On s’est mariés le samedi, il a eu chimio le jeudi suivant. Drôle de période…

Normalement, il y a aussi l’étape autoconservation de gamètes au cas où la chimio entraîne une stérilité totale ce qui est une possibilité. Pour lui, le prélèvement à été fait par biopsie lors de sa première opération.

Nous avons quitté le service d’oncologie.

C’était terminé.

 

Ce que le cancer a changé pour nous…

C’est la discussion que nous avons eu hier soir…

En réalité, pas grand chose, c’est un changement subtil, qui s’opère en douceur… nous sommes plus proches encore qu’auparavant. Peut-être un peu plus égoïstes dans le sens où forcément, après une telle épreuve, tu sais que la vie est courte, qu’elle n’accorde pas à tous une seconde chance, donc tu penses à toi.

Ce qui fait peur à beaucoup d’hommes c’est la sexualité après. Et ça ne change rien. Rien de rien. Que vous choisissiez la prothèse ou non, l’important c’est de ne pas avoir peur d’en parler avec sa partenaire.

Pour la question de la stérilité, pour nous, cela n’a pas changé grand chose puisque nous étions déjà dans l’incapacité de concevoir. Nous faisons nos FIV avec les paillettes de sperme congelées. Nous en avions 4, 3 aujourd’hui. C’est peu car c’était déjà moyen avant. Mais il peut y en avoir beaucoup plus.

La chimio entraînera forcément une stérilité après, mais  parfois, ça n’est pas permanent. Notre gynéco nous a parlé de deux ans avant un recours éventuel à un prélèvement « naturel ». Avant ça, s’il reste des spermatozoïdes, les risques de fausses couches sont multipliés.

Ensuite, il faut comme pour les femmes chez le gyneco, une visite de contrôle chez l’urologue tous les un an et demi/deux ans.

 

Nous avons eu de la chance, car le cancer de mon homme à été détecté à un stade ultra précoce grâce à l’échographie et à notre parcours en PMA. Il n’y avait pas de ramifications, pas de metastases. Il n’y avait même pas encore de marqueurs sanguins !

Et plus il est détecté précocement, mieux il est pris en charge.

Alors les garçons, ne déconnez pas, faites vous contrôler. L’urologue devrait être le réflexe de tout les hommes. Je voudrais entendre les garçons dire « non pas ce jour là j’ai mon rdv chez l’uro » comme nous les filles nous allons faire le fameux frottis de routine.

On y va à reculons mais un jour il pourra peut-être nous sauver la vie.

Préservez-vous, prenez soin de vous.

 

Et en Novembre faite vous pousser la moustache pour sensibiliser aux cancers masculins !

Vous pouvez retrouvez toutes les infos sur le site de Movember France 😉 Que vous soyez homme ou femme, parlez-en autour de vous. Fermer les yeux en priant pour ne pas que ça nous tombe dessus ne sert à rien… on a qu’une vie !

Et je vous la souhaite belle et longue, et sans cancer si possible 😉

See you !

 

 



1 thought on “Movember : ce que le cancer a changé pour nous.”

  • Le mot cancer dans ton article, il fait peur. Mais les mots « amour » « famille » « mariage » « discussion » « complicité » contrebalancent tellement tout. Votre couple n’en est que plus beau, à travers ces épreuves je pense que le pire est derrière vous, maintenant place au plus beau, à l’amour, sans échéances de temps. Bravo pour ce témoignage courageux et … je vous souhaite plein de joie et de santé !

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