Beauté, humeur, etc. J'assume. Depuis 2009.

PPDP (13) : La Der des Der

7 jours.

C’est le temps qui nous sépare de notre ultime rentrée en PMA.

Une FIV. Une paillette. Une dernière chance.

Je ne sais pas vous dire dans quel état d’esprit j’aborde tout ça. Je n’en sais rien du tout. Bien, et mal. Avec les plus grands espoirs et la plus grande terreur. La numéro 3 s’est tellement mal passée que forcément, on se demande comment cela pourrait être mieux. Après 3 échecs, on se dit pourquoi ça marcherait cette fois…

Et en même temps, on sait que toutes les chances seront mises de notre côté. Alors… cette idée folle… pourquoi pas… un enfant de nous… un petit pois de la dernière chance…

En Juin, après notre dernier échec cuisant, nous avons pris rendez-vous avec la biologiste pour faire le point sur nos tentatives. C’était notre initiative, cela n’avait rien d’obligatoire.

Le ou la biologiste, on le rencontre en début de parcours. Ensuite, ils travaillent « dans l’ombre », on a les compte-rendus par la gynéco.

Pour la FIV 3, si je n’ai pas beaucoup parlé de la chose ici,  c’est parce que nos résultats ont été mauvais. Au jour du transfert présumé, on nous a dit au téléphone que les embryons ne « présentaient pas de configuration de grossesse ». J’ai bataillé pour le transfert. Je le voulais. Eux voulaient prolonger la culture des embryons à J5.

Cela se fait en général, car avec des embryons de mauvaise qualité, si on ne fait pas de transfert, la tentative ne compte pas pour la sécu. Une FIV pour du beurre… pour la plupart des couples.

Pour nous, après le cancer de mon mari et sa biopsie, nous avions 4 paillettes de spermatozoïdes, nous n’en aurons jamais une de plus. Pas de transfert, c’est pas d’espoir… J’ai eu mon transfert, mais après de tels mots, j’ai passé 15 jours d’enfer, comme si on m’avait volé le peu de temps où j’aurais pu me sentir enceinte.

Pour les échecs passés, je ne l’étais pas non plus, mais ce temps d’attente, aussi difficile soit-il, et le seul moment où nous avons l’idée d’un début de vie. C’est sans doute bête, mais ce sont des débuts de grossesse pour nous. Et les premiers jours post-transfert, je suis toujours un peu euphorique. Il y a de la vie là-dedans. Jusqu’à preuve du contraire.

Pour cette numéro 3, ça n’a pas été le cas. « pas de configuration de grossesse ». Ces mots ont raisonnés dans ma tête jusqu’au début de mes règles.

Je l’ai extrêmement mal vécu et quelque part je le vis toujours mal.

Alors cette dernière FIV… On veut notre revanche.

Et on l’aura de toutes façons car nous expérimentons une autre méthode. Celle de la dernière chance selon la biologiste

C’est ce dont il est ressorti de notre rendez-vous : l’espoir d’une méthode différente qui pourrait peut-être augmenter nos chances.

Notre dossier est passé en « staff » la semaine suivante. Toute l’équipe de la PMA se penche dessus. On fait quoi on fait comment.

La technique qui nous a emballée, c’est le transfert de zygotes.

De nos tentatives passées, nous avons eu pas mal de pertes d’embryons. La majorité se fragmente. Ils deviennent tous moches et meurt après 3 jours en culture.

Pour mettre toutes les chances de notre côté, l’équipe a décidé de laisser une chance à tous nos embryons. Et à leur laisser une chance in utero.

Pour cette dernière FIV, on fait comme d’habitude jusqu’à la ponction.

Et le lendemain, nous serons de retour pour un transfert de zygotes, 3 si c’est possible. Le zygote n’est pas un embryon. C’est un ovocyte fécondé, à la toute première étape de la division cellulaire.

Dans certains cas, les embryons peuvent être « stressés » en milieu de culture. La lumière, les manipulations, les éventuelles fines particules de poussière sont autant de facteurs non naturels pour eux. En transférant au stade zygote, il n’y a plus de sélection embryonnaire. In utero, ils sont dans leur éléments naturels, à la différence qu’ils ont pris de l’avance car à J1, le zygote entame juste la descente de la trompe. Là ils seront déjà à bon port.

Pas de stress de combien, pas de question de survie. S’il y a fécondation il y a transfert, et on laisse faire. C’est enthousiasmant. D’autant plus que les autres seront vitrifiés à J1 également. Pour moi, ce sont des angoisses de moins. Donc forcément du bonus aussi.

 

Mais les éternelles questions restent toujours là… la stim… la ponction… les ovocytes…

A J-7 avant le rendez-vous de « reprise », je n’en peux plus d’attendre. Je partage mon temps entre des angoisses insoutenables et les sites de puériculture. Maso. Je n’en peux plus de pester après youtube et ses pubs Clearbue de meeeeerdeuuuh et je traîne de mon propre chef sur des forums d’accouchements. Bref je suis un vrai bordel, ingérable.

Je veux me piquer. Sniffer du synarel dégueulasse, me lever à 5h pour commencer ma journée avec une echo endo.

 

Je veux en finir.

Et je veux tout commencer à la fois.

 

Bref. C’est notre dernière FIV.

 

 



8 thoughts on “PPDP (13) : La Der des Der”

  • Je suis ton blog depuis plusieurs années maintenant et, même si je n’ai pas l’habitude d’y laisser des messages, je fais une exception pour te dire que je te souhaite de tout coeur que cette dernière soit la bonne, vraiment!

  • Je te suis depuis plusieurs années également, et j’ai toujours lu avec beaucoup d’émotions les récits de ces tentatives.
    J’espère sincèrement, de tout coeur et avec beaucoup d’optimisme que cette dernière chance soit celle qui vous offrira le petit bout dont vous rêvez.
    Plein d’ondes positives de Belgique !

  • Chère Kriss,

    Je suis tombée par hasard sur ton blog, en pensant ne lire que des grelucheries, dont je suis moi aussi une grande fana.
    Mais voilà que je m’aperçois par ce sujet que tu cherches à réaliser le même précieux voeu que celui que j’ai eu d’être maman, et ô combien je te trouve si touchante, d’autant plus que je connais ton parcours, même si l’origine de l’infertilité de mon couple n’a pas tout à fait la même origine.
    Moi, je suis passée par 3 FIV IMSI, avec sélection des embryons, de culture du « terreau » endométrien, bla bla bla, mais aucun n’a marché, ah si le dernier mais avec fausse couche et toujours la douleur extrême de ne rien voir arriver.
    Oh comme je saisis ta douleur, et comme je voudrais que tu y parviennes, à réaliser ton bonheur!
    Parce qu’il faut y croire: on a changé d’hôpital, et finalement on y a changé de méthode en passant par la case départ, à savoir 2 inséminations (les médecins d’avant auraient pu essayé cette méthode avant de nous balancer dans le monde cruel de la FIV, mais peut-être est-ce une question de fric??).

    Et à la deuxième insémination, nous avons eu la joie d’attendre enfin notre bébé: aujourd’hui il a 19 mois!
    Un petit détail quand même: j’ai fait avaler à mon homme 2 boîtes de vitamines pour fertilité masculine, ce qui a dû aider à augmenter sa quantité de zozos…

    Je te souhaite vraiment sincèrement de réussir la prochaine tentative!

    Avec toutes mes pensées,
    Claire.

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