Beauté, humeur, etc. J'assume. Depuis 2009.

PPDP (14) : Du pessimisme au réalisme.

 

Nous sommes à quelques semaines de notre dernière tentative. La rupture de stock nationale d’un de mes médicaments m’a finalement bien arrangée : comme je reprend un boulot « classique », je suis plutôt contente que cette dernière fois soit un peu reculée. Cela me permettra de prendre mes marques et de montrer ma motivation sans être embêtée, genre 15 jours plus tard, par un arrêt de travail pour ponction.

Je ne voulais plus, dans tout les cas, être esclave de la PMA. J’ai suffisamment avancé dans le cheminement pour pouvoir aussi me le permettre. Par exemple, je ne vois pas comment, l’an passé, j’aurai pu gérer mes 5 stimulations, 3 ponctions et une hysteroscopie sans qu’un patron ne soit fortement tenté de me remercier.

Là, avec une dernière tentative restante au compteur, je pense pouvoir me le permettre, surtout que mes horaires sont compatibles avec la stim et que j’aurai juste un tout petit arrêt de travail obligé pour ponction et transfert.

 

J’avais envie aujourd’hui de m’attarder sur mon « pessimisme ».

C’est vrai, plus on avance et plus je me dis que je n’y crois pas vraiment.

Bon ok,  que je n’y crois pas du tout.

Mais ne vous y trompez pas. ça n’est pas parce que je n’y crois pas que je ne suis pas motivée, que je n’ai pas envie que ça marche ou que je ne serai pas heureuse si ça marche.

C’est en fait tout le contraire. Je suis ultra motivée. J’ai plus que jamais envie d’un positif. Et je garde le moral – enfin j’essaye car j’ai aussi des moments de faiblesse et je crois que j’y ai droit.

Mais j’en ai aussi marre d’entendre que le moral joue beaucoup. Qu’il faut y croire. J’en ai marre de lire, venant même de mes camarades de galères, le fameux « on l’aura notre bébé ».

Non.

C’est pas vrai. On ne l’aura peut-être pas. La moitié des couples en FIV ne l’a pas.

Et ça n’est pas en me bourrant le crâne de « mais siiii tu verras ça va marcher » que je pourrais envisager sereinement mon avenir. Je comprends bien les gens. C’est normal qu’on ne me balance pas les statistiques d’échecs à la tronche. C’est normal d’être gentil et compatissant. C’est normal de vouloir aussi que ça marche.

Mais je ne suis pas pessimiste. Je suis réaliste.

Je ne veux pas me retrouver sans ce bébé que tellement me promettent, le bec dans l’eau, à ne plus savoir quoi faire, comment réagir, à sombrer complètement parce que tout à coup j’aurai réalisé que c’est la fin.

Laissez moi dire que je n’y crois pas. C’est ma bouée de sauvetage. C’est la seule possibilité pour moi et pour nous d’avoir une merveilleuse nouvelle. C’est aussi mon seul point d’ancrage à la réalité, cette réalité que j’accepte, celle qui fait de nous un couple sans enfant.

Rien aujourd’hui ne peut m’assurer à 100% que nous aurons un jour cette chance, de serrer un enfant dans nos bras.

C’est une option que toute personne en PMA devrait apprendre à regarder en face.

Je le fais, aujourd’hui, non sans terreur, mais aussi avec l’intime conviction que nous saurons être heureux d’une autre façon… et ça, c’est bien loin d’être du pessimisme…

Soyez confiants oui.

Pas en la PMA.

Juste en l’amour.



5 thoughts on “PPDP (14) : Du pessimisme au réalisme.”

  • Oui, tu as raison, la lucidité est essentielle dans ce genre de parcours. Pour mieux apprécier ou pour mieux se relever. Y croire ou pas, avoir le moral au beau fixe ou au fond des chaussettes… l’impact psychologique est une réalité mais ce n’est pas le seul facteur.. et ce n’est pas vrai pour tout le monde. J’admire ta vision des choses. Je m’y retrouve totalement. Et parce que ta façon d’envisager la vie est celle-ci, tu peux en effet avoir confiance pour la suite, pour toi, pour ton couple, pour vos projets, votre amour…

    • Merci Marine !
      C’est parfois compliqué d’être compris dans ce genre de parcours. Et c’est important de savoir qu’on peut l’être. Alors merci.

  • cet article m’a touché. On ne peut pas savoir ce qui arrivera mais une chose est sûre : Oui vous serez heureux avec ou sans enfant…parce que vous vous aimez et vous soutenez.

    Bon courage.

    Je t’embrasse.

    • Merci Laetitia !
      Oui on essaye de faire ça 😉
      Avec ou sans, c’est une vie différente, mais on a déjà de la chance, il y a des gens qui ne trouvent jamais leur moitié !

  • Tu as le droit de te plaindre, de ne plus avoir d’espoir même, mais de continuer à tout faire pour que les choses aient une chance d’arriver, ce n’est pas incompatible. Je déteste les gens qui te forcent à être optimiste tout le temps. Nos doutes souvent fondés font partie de notre vie, les occulter n’aide en rien, les exprimer oui. Je vous souhaite plein de jolies choses à deux ou à trois 🙂

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