Beauté, humeur, etc. J'assume. Depuis 2009.

PPDP(15) : Clap de fin

 

Vous vous doutez de ce qui me tient éloignée de mon blog. Certains savent déjà. La fin d’une parenthèse, le dénouement d’années de protocoles médicaux longs, contraignants, fatigants.

Vous aimez les fins heureuses.

D’ailleurs, ce sont bien souvent des fins heureuses que l’on lit, quand on parle de pma. La pma, ce sont les années de galère récompensées par la venue tant espérée et désirée d’un enfant.

Sauf pour certains, que l’on entend plus, qui disparaissent, parce qu’ils n’ont plus rien à dire, parce qu’ils se sentent encore plus à part des gens à part.

Nous sommes à part des gens à part. Parmi tant d’autres que l’on écoute plus. Parce qu’on pense qu’ils sont trop malheureux, trop en souffrance, et aussi un peu parce qu’à force de leur répéter « ça va marcher y’a pas de raison », on a un peu honte de les regarder en face.

Cette fiv de la dernière chance, s’est soldée par un nouvel échec. Les trois petits débuts de vie dans mon ventre sont restés éphémères. Trois petites lucioles sur une image d’échographie qui resteront lucioles, fugaces, évaporées…

Je ne sais pas trop quoi dire, sinon bien sûr que j’ai mal, que je me sens vide, en colère, désemparée. Que la chute est à la hauteur des espoirs que l’on nous donne. Toutes ces photos de bébés affichées dans la salle d’attente, toutes ces lettres de parents reconnaissants et heureux… Et nous… Et ce dernier négatif… avec lequel on nous laisse seuls. Complètement seuls. Intolérablement seuls. Le suivi, c’est pour les autres. Si le centre m’a téléphoné, c’est uniquement parce que le labo n’a pas faxé les résultats. On ne m’a rien dit, même pas un désolé. On ne m’a pas proposé un rendez-vous, même pas avec le psy. On a raccroché, et c’était fini. Voilà. 4 FIV, 0 bébé, au revoir, démerdez-vous.

C’est cruel et inhumain.

Et je ne suis même pas étonnée.

La suite, nous allons la construire nous-même. Parce que nous n’avons pas dit notre dernier mot. Parce qu’il n’y a rien que nous ne pourrons pas affronter ensemble. Si aujourd’hui nous savons que nous n’aurons jamais d’enfant biologiquement de nous deux, nous n’avons pas renoncé à devenir parents. Rien ne peut affirmer que nous le serons un jour. Peut-être que l’on se réveillera un jour trop vieux et trop fatigués pour ça, mais toujours heureux d’être deux et amoureux.

En attendant, je m’autorise à être mal, parce que je sais que je serais mieux d’ici quelques jours, quelques semaines. Nous ne sommes pas responsables de ce qui nous arrive. Nous devons accepter ça, vivre avec, et idéalement, le sublimer d’une façon ou d’une autre. J’ai plein de choses à faire. Plein de choses à dire. Plein de choses à vivre.

Clap de fin. Et tout continue.

 



14 thoughts on “PPDP(15) : Clap de fin”

  • tu écris tout ça merveilleusement bien. En une semaine 2 de mes amies proches ont vu leurs vies bouleversée, toi dans ce deuil pas mérité, une avec une naissance heureuse. Et moi, entre les 2, avec mes questions. Remuée par la joie, l’injustice, l’espoir, le regret, l’envie, la peur, la souffrance, …
    Toujours des questions. Mais comme pour vous 2 il y a l’amour. Le couple comme un ciment indestructible. De quoi l’avenir sera fait ? Je ne sais pas si j’ai envie de savoir ou si je préfère les surprises. D’ailleurs en tapant le mot « surprise » j’ai commencé à écrire « cer… ». Ptêtre que je préfèrerai être remplie de certitudes…

    Tu dis dans ton article qu’au commencement, il y avait l’amour et qu’à la fin, ce sera pareil. Je pourrais te dire que mon amitié aussi est sincère et que si tu as besoin de p’tites paillettes à porter autour du cou près du diamant de l’amour, n’oublie pas celle de mon amitié car elle brille fort.

    Je t’envoie tout plein de pensées et te dis à très bientôt. En décembre pourquoi pas d’ailleurs… un p’tit resto sur Bordeaux?

  • Des bisous, des câlins, des pensées virtuelles.. parce que tout ça est violent, parce que tout ça est terriblement injuste. Mais en même temps vous êtes aussi très chanceux, car tous les deux vous connaissez l’amour, et c’est bien la plus belle chose au monde.

  •  » Le sublimer d’une façon ou d’une autre ». C’est tellement beau et vrai.

    Vous êtes allés au bout niveau médical. Vous pouvez être fiers de vous et je vous dis bravo car c’est un réel combat.
    Un couple d’amis n’a même pu essayer côté médical à cause de gros problèmes cardiaques, alors ils sont dans l’espoir aussi mais côté adoption.

    Qui c’est ?

    Je vous souhaite d’être ( encore) heureux.

  • Je suis de tout cœur avec vous. J’admire votre courage, et votre capacité à toujours transformer les coups durs en de belles choses.

    Et sachez que même discrets, vos amis sont et seront toujours là.

  • Énormes pensées à toi, à vous. Profitez de votre amour, car c’est une si belle chose d’être amoureux et heureux de l’être en retour.
    Tu partages tout ça avec une telle beauté et rage de vaincre et de ne pas abandonner, je t’admire. des bisous

    • Oui c’est une chance et je ne l’oublie jamais ! Même dans nos moments les plus sombres je sais m’arrêter pour contempler la chance que j’ai d’avoir mon homme à mes côtés ! La rage de ne pas abandonner, c’est tellement grâce à lui… Merci pour ton petit mot, je suis très touchée <3

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