Beauté, humeur, etc. J'assume. Depuis 2009.

Comment ça marche, l’adoption ? Nos premiers pas sur un nouveau chemin.

Cela fait deux ans maintenant que nous avons franchi le pas et envoyer notre tout premier courrier au Conseil Général pour manifester notre volonté d’adopter un enfant.

Les gens sont plutôt bienveillants par rapport à ça, mais aussi très curieux et parfois ils ont dans leurs bagages quelques idées reçues, du coup un petit topo sur les premières démarches je me suis dit que ce serait sympa, et que ça pourrait peut-être aider aussi.

Je ne parlerai forcément que de l’adoption en France, puisque nous n’avons pas choisi pour diverses raisons de tenter une adoption à l’international. Et j’ajouterai aussi que mon expérience se cantonne au département de la Gironde et que certaines variables peuvent, et bien, euh, varier (comme le nombre d’entretiens, les contacts par téléphone/lettre/mail, et d’autres petites choses)

Mais dans tous les cas, pour adopter, il faut obtenir le fameux sésame : l’agrément.

 

Le Conseil Général est ton ami.

 

Ô endroit étrange, à quoi sers-tu donc ? Mais qui rentre là-dedans ? Et comment en sors-t-on surtout ?

Et bien, entre autres, les candidats à l’adoption. Car c’est le Conseil Général qui délivre les agréments d’adoption et plus précisément c’est l’ASE qui s’occupe de tout ça. L’Aide Sociale à l’Enfance (la dass, ça n’existe plus).

Quand on fait ces premiers pas sur le chemin de l’adoption, c’est au service de l’ASE qu’on adresse un courrier. Simple et concis, pas besoin d’y raconter sa vie, il ouvre les portes d’une réunion d’information où sera remis le dossier à remplir.

 

 (Petite précision pour mes amis girondins : le PQ du CG de la Gironde est le plus FIN du monde. Les restrictions budgétaires c’est jusque dans les chiottes qu’on se le dise !)

 

Mais il faut pleiiiiin de papiers !

 

Ma foi, pas beaucoup plus que pour ouvrir une ligne téléphonique. État civil, justificatif de revenu… votre casier judiciaire est vérifié. Et il y a une visite médicale chez un médecin qui est désigné par le CG. Pas remboursée. C’est tout ce que l’adoption, en France, vous coûtera en sous : 20 euros et des boulettes par personne pour la visite médicale. Pas un sous de plus.

On rempli le dossier, on précise nos charges, nous n’avons pas eu besoin de justifier nos crédits. Ah et une photo ! Et bien la voilà la partie la plus compliquée ! Nous avons choisi de poser dans le jardin de mes parents, avec le chien. C’est donc un futur papi qui a pris la photo 😉

Nous avons envoyé notre dossier en Août 2015. Juste à la limite de la deadline de la validité de la visite médicale, on aime bien nous faire les trucs dans l’urgence hein.

 

A la suite de ça, nous avons été convoqués à une deuxième réunion d’information, en Décembre.

On nous a attribué une « équipe » : l’assistante sociale et la psychologue du CG qui seront chargées de nous évaluer pour l’agrément, et de nous suivre après.

Notre premier entretien été en Janvier 2016 il me semble. Nous avons eu deux entretiens avec l’AS + un troisième à domicile, et deux entretiens avec la psy + 1 chacun. Il y a eu la fameuse pause du Loulou qui a pris le temps de se remettre de son opération des ligaments de cheville abimée au ski (45 jours d’immobilisation sans appui : la joie dans son coeur), et puisque ça n’était pas assez il a enchaîné directement avec un décollement de rétine opéré dans la foulée du retrait de sa botte de cheville (le joie dans son coeur bis).

Du coup, les choses ont un peu trainouillé, et c’est en Juin que nous avons terminé nos entretiens.

« Légalement », un agrément est délivré en 9 mois. C’est la théorie et certains départements y parviennent. En Gironde, on vous précise quand même que c’est compliqué : grand département, beaucoup de postulants, petites équipes, bah oui sinon c’est pas drôle.

Le notre est arrivé en Septembre et sans la pause forcée du Loulou, on aurait peut-être été dans les temps.

Après, c’est pas la mort non plus, vu que les délais d’attente qu’on vous annonce en Gironde sont pris à partir du dépôt du dossier, et pas de l’obtention de l’agrément. Nous avons donc déjà plus d’un an et demi d’attente derrière nous sur un délai moyen annoncé de 4 à 5 ans.

 

 Sésame ouvre-toi !

 

L’agrément, c’est le Conseil de Famille qui le délivre. C’est un peu comme le Boss final de ton adoption. Il délivre l’agrément ET les apparentements. C’est une commission, avec euh, des gens, représentants du CG mais pas que et de toutes façons je vous mets aussi un lien en fin d’article pour approfondir les choses.

 

Pendant toute la durée de la procédure, les entretiens sont là pour vous cerner, vous connaître, vous évaluer, mais aussi vous aider dans votre cheminement vers votre enfant adoptif. On me dit souvent que c’est injuste, toutes ces évaluations, parce que plein de gens font des gosses sans en avoir les moyens, qu’ils soient financiers ou psychologiques… ça peut paraître injuste, c’est vrai… mais la parentalité adoptive, qu’on le veuille ou non, n’est pas une parentalité classique, et les enfants, même bébés, on vécu un traumatisme qu’aucun parent bio n’aura jamais a gérer… alors oui, on dissèque un peu votre vie, mais on vous le répétera : tout est dans l’intérêt de l’enfant.

D’ailleurs, l’agrément n’est pas un « droit » à l’enfant. Il est sans garantie. Il ne signifie pas qu’on vous cherche un enfant. Il signifie que lorsqu’un enfant sera déclaré comme adoptable, vous ferez partie du champ des possibles dans la recherche de parents pour cet enfant spécifique.

Peut-être que Sésame ne s’ouvrira pas.

Avec la psy et l’AS, vous allez établir ensemble ce qu’on appelle une « notice » d’adoption. Alors oui c’est un mot très laid parce qu’on dirait un mode d’emploi. La notice c’est l’ensemble des caractéristiques spécifiques de l’enfant que vous êtes prêts à adopter. On est d’accord que si vous ne vous sentez pas capable d’élever un enfant sourd ou aveugle, vous ne ferez pas partie du fameux champ des possibles…? Les handicaps potentiels, les maladies, sont désignées par le terme « particularités ».

C’est un processus cruel, parce que vous allez avoir l’impression de vous fermer des portes, et parce que vous savez très bien qu’un enfant bio, vous l’auriez aimé même aveugle et sourd.

A l’origine, on était ouvert à quasi tout en partant de ce principe là. En terme de tranche d’âge jusqu’à 6 ans, et ok pour toutes particularités n’empêchant pas l’autonomie à l’âge adulte. Surdité, anagésie d’un membre, vih et toutes les joyeusetés qu’on ne souhaite à personne…

Et puis l’AS m’a dit « vous savez que vous pouvez vous autoriser à avoir un bébé ». Comme si les épreuves que nous avions traversées m’empêcher de me projeter à pouponner. J’ai dit « euuuh » elle a dit « si si », j’ai pleuré. OK.

Bref, à force de réflexion, et au vu de notre dossier, nous avons notre agrément pour un enfant « le plus jeune possible, toutes origines, en bonne santé ». Parce que oui, après des années de galère, un peu de sérénité c’est bien aussi. Même si la santé d’un jour n’est pas celle de demain.

En Gironde, les bébés pupilles nés sous X ne sont adoptés que par des couples sans enfants. Nous avons le profil type. Et si un jour on m’avait dit que j’avais un profil type pour quelque chose j’aurai bien rigolé.

Encore aujourd’hui, si je dis à notre psy que « bon on sait que ça n’arrivera peut-être pas » elle me regarde en tordant légèrement la bouche l’air de dire « quand même ce serait pas de bol, c’est juste une question de temps ».

 

Mais bon, vous me connaissez, toujours envisager le pire pour en tirer le meilleur. Ainsi, je suis aussi prête pour une vie à deux sans enfant (mais bon il me faudra plus de chats !)

En Avril 2017, les dossiers traités pour les apparentements actuels ont été déposés fin 2013. Nous sommes du train de mi-2015. La sensation étrange maintenant c’est aussi d’espérer sans le souhaiter vraiment, plein de bébés nés sous X.

 

J’ai sans doute oublié plein de choses et j’aurai l’occasion d’en reparler, mais si vous avez des questions sur l’adoption, notre parcours, n’importe quoi, j’y répondrai avec plaisir.

 

yolooo

 

 

Le lien qui dit tout mieux que moi : http://www.adoptionefa.org/adopter-en-france/adopter-en-france



7 thoughts on “Comment ça marche, l’adoption ? Nos premiers pas sur un nouveau chemin.”

    • C’est pas vraiment le sujet, et malheureusement on sait bien que même quand l’avortement est interdit, les femmes avortent tout de même. Ce sont les conditions qui changent.

      Je ne souhaite pas de voir des enfants abandonnés. Mais contradictoirement nous avons aussi pleinement conscience que nous attendons après ça. C’est ceci que j’exprime. Oui, nous attendons et nous espérons le jour où une mère renoncera à son enfant. Oui c’est terrible mais c’est la vérité.

      Je suis totalement pour la liberté d’avorter. Mais ma situation fait forcément que nous avons toujours un petit pincement en y pensant. D’ailleurs j’ai toujours détesté cette formule simpliste du « pour ou contre l’avortement ». Comment être pour ou contre l’avortement ? on est pour la liberté, c’est une option que l’on envisage ou pas à un moment M de sa vie. C’est un choix personnel que l’on fait ou que l’on ne fait pas et quand il ne s’agit pas de sa vie on devrait juste fermer notre bouche puisque ça ne nous concerne pas.

      Enfin pour parler politique, même si c’est un sujet qui ne m’intéresse absolument pas, sans vouloir prendre un parti quelconque et certainement pas celui du fn, je n’ai jamais lu ou entendu MLP parler de l’interdiction de l’avortement ou de l’abrogation de la loi Veil. Il y a tellement de point puant dans le programme du fn, on a pas besoin d’en rajouter.

      • Alors :
        Si l’avortement est interdit/limité il a proprtionnellement plus d’occasions que quelqu’un garde un enfant et le fasse naitre sous X que si la personen à accès simplement à l’avortement. Tout le monde ne connait pas une faiseuse d’ange ni n’a envie de risquer sa vie avec un cintre :/
        Ensuite, c’était pas du tout une critique, mon commentaire, parce que je comprends totalement le dilemmee de vouloir quelque chose et en même temps c’est vouloir « un peu » le malheur des gens (une jeune femme qui met naissance sous X je pense pas qu’elle soit méga la joie :s) et en même temps si cela n’arrive jamais vous n’aurez pas votre chance…
        Ensuite bis, je voulais absolument pas partir sur un débat pro avortement ou pas ‘^^ On peut pas comparer un couple qui veut un enfant à celui qui n’en veut pas, c’est totalement différent. Je faisais vraiment juste référence au programme de Lepen et comment cela pourrait impacter (en bien ou en mal) votre projet d’adoption.
        Enfin, ça n’est pas dit dans son programme mais Marechal-Lepen (nièce) veut supprimer le budget du planning familial (car association donc dépendant de la région) et même si Lepen (tante) a corrigé en disant qu’elle avait plus urgent à faire, elle n’a pas dit qu’elle ne le ferait pas au bout du compte… Les doubles discours politique on sait où ça nous mène…. :/

        • Je ne l’ai pas pris comme une critique 😉
          J’ai juste trouvé que c’était bizarre et j’ai rebondi dessus 🙂

          Je t’avoue je ne m’attendais pas à ce qu’on vienne me parler de politique et d’IVG. J’ai enchainé dessus parce qu’on à très vite tendance justement à penser que les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant sont forcément contre l’avortement.

          On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve que ce soit avec Marine ou Manu, mais parler de l’interdiction de l’IVG c’est anticiper sur quelque chose dont il n’a jamais été question. Je trouve que ça n’est pas très à propos. Mais je comprends parfaitement qu’on puisse s’en inquiéter !

  • Merci pour cet article qui donne beaucoup à réfléchir sur la parentalité, comme vous le dîtes si bien, un parcours assez long quand certains ont les moyens biologiques d’enfanter mais pas forcément les « épaules »! En tous cas bonne chance sur cette difficile route de l’adoption.
    Isabelle

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